Le Bouclier de Minerve

Atlas des industries de l'armement

 
Nos différentes approches
 

Atlas des industriels de l'armement

 
 
 

Approche par acteurs

L'approche par acteurs permet d'effectuer une recherche par la liste alphabétique des groupes ou par la liste des Etats.
 
 
 
 
 
 

THALES


france


Siège social

Paris La Défense
france

Implantation

Compte tenu de son implantation multidomestique, Thales est présent en 2019 dans 68 pays. À ce jour, près de la moitié de ses effectifs sont situés hors de France. Son siège social est à Paris dans le quartier d'affaires de « la Défense ».



Implantations 2012

Sources

https://www.thalesgroup.com/fr/defense


Date de création de la fiche

01/12/2017


Dernière mise à jour

26/06/2019

Nature de l'activité

Thales est un groupe intervenant sur les marchés de l’aéronautique, de l’espace, des transports, de la défense et de la sécurité, et de l'identité et de la sécurité numériques. Le groupe est en particulier reconnu pour sa maîtrise des technologies duales. 

Principales productions

Thales produit les systèmes électroniques et optroniques de nombreux programmes :

- Satellites : Sicral (Italie), Satcom BW (Allemagne), Koreasat (Corée), Helios, Syracuse III et Pleïade (France), COSMO-SkyMed (Italie) et SarLupe (Allemagne).

- Transmissions : SCCOA/Martha, OE Sic Terre, MOSS, BOA, Syracuse, SIC21.

- Navires militaires : CVF et PA2, frégates Horizon et LCF, FREMM, Sawari 2, MINREM, sous-marins Scorpène, Barracuda.

- Hélicoptères : Tigre et NH90, K-SAM.

- Missiles : FSAF, SAAM, Starstreak, VT1.

- Sonars : BGTI, FRES.

- Drones : Watchkeeper. 

- Optronique embarquée : Catherine, Kate, Antares.

- Optronique du combattant : Sophie, Vector.

 

Cybersécurité :

Depuis de nombreuses années, Thales place la démarche d’innovation collaborative au cœur de sa stratégie, convaincu que la coopération entre les PME, les start-ups et les grands groupes est source d’innovation. En juin dernier, Thales, au travers de sa nouvelle Digital Factory, a été sélectionné par STATION F, le plus grand campus de start-ups au monde, pour piloter le programme de cybersécurité.

 

L’objectif de Thales est d’accélérer le développement de start-ups en leur apportant du conseil, de l’expertise et un accès à ses 5 grands marchés : aérospatial, espace, transport terrestre, défense et sécurité. Thales favorisera l’engagement de ses collaborateurs à travailler avec les start-ups et à partager leur expertise marchés pour co-créer de la valeur pour les clients et co-développer des solutions et services innovants.

satellite Syracuse
satellite Syracuse
drone Watchkeeper
drone Watchkeeper

Stratégie

Ambition 10 est le plan stratégique de Thales. Trois piliers soutiennent le développement de Thales : la croissance, la compétitivité et les talents.

 

La croissance repose sur trois facteurs principaux :

  • Les marchés émergents,
  • Les grands contrats,
  • Les services.

 

La compétitivité : trois aspects stratégiques sont privilégiés :

  • Le développement d’une empreinte industrielle internationale,
  • La compétitivité de la R&D et de l’ingénierie,
  • L’innovation compétitive au service du client (identification de dream products).

 

Le talent de ses collaborateurs, sous trois dimensions :

  • La responsabilité et la diversité,
  • L’orientation client,
  • Le travail d’équipe et la reconnaissance.

 

La gouvernance des activités de recherche et de développement des technologies clés est répartie en quatre domaines :

  • Technologies du matériel : électronique, électromagnétisme, optronique, acoustique, techniques radiofréquence, maîtrise des contraintes thermiques ;
  • Technologies du logiciel : calculateurs de traitement du signal et de l’information, systèmes embarqués temps réel, systèmes distribués, architectures orientées services, ingénierie dirigée par les modèles, outils d’ingénierie, sécurité des systèmes d’information ;
  • Sciences de l’information et de la cognition : fouille et fusion de données, systèmes autonomes, environnements synthétiques, facteurs humains ;
  • Systèmes : axé sur la conception architecturale des systèmes, ce domaine apporte un support en termes de méthodologie, de processus outillés et d’expertise.

Chiffres clés

Revenus

Années

2010

2011

2012

2015

2017

Revenus (en Md€)

13,1

13

14,2

14

15,8

 

Résultats nets du groupe

Années

2010

2011

2012

2015

2017

Résultats nets (en M€)

-45

517

585

809

887

 

Prises de commandes

Années

2010

2011

2012

2014

2015

Prises de commandes (en Md€)

13,1

13,2

13,3

14,4

18,8

 

Portefeuille de commandes

Année / Domaine

Aérospatial et Transport

Défense et Sécurité

2012

10 888

14 063

2011

11 372

14 375

2010

11 022

14 310

 

Chiffres d'affaires par année

Année

Chiffre d'affaires

2011

13 028 400

2012

14 158 000

2014

12 074 000

2015

14 063 000

2016

14 885 000

2017

15 795 000

 

Résultats 2015

Historique

Créée en 1893, Thomson-CSF était, à l'origine, un pionnier des transmissions hertziennes et du transport de l'électricité. Depuis les années 70, cinq grandes périodes ont marqué l'histoire du groupe. La période de diversification (1970–1980). Pour résister aux crises pétrolières, Thomson-CSF se développe dans les composants, l'imagerie médicale et la commutation téléphonique (activité que la société avait quittée dans les années 1950). C'est aussi durant cette période que Thomson-CSF conclut ses premiers grands contrats à l'exportation avec des pays du Moyen-Orient.

Le recentrage sur le cœur de métier (1982-1986). Après sa nationalisation le groupe se trouve dans une situation difficile. Sa rentabilité est insuffisante et son endettement élevé. Thomson-CSF se recentre alors sur l'électronique professionnelle et de défense. Les activités de télécommunications civiles et l'imagerie médicale (CGR) sont cédées.
Les cashflows dégagés sur les grands contrats à l’export génèrent une activité financière d’abord gérée en interne puis progressivement reprise par le Crédit Lyonnais de 1990 à 1993.

Le développement à l'international par l'acquisition de filiales à l'étranger (1986 – 1996). Avec l'effondrement de l'URSS, les besoins des pays d'Europe occidentale en matière de défense diminuent. Dans le même temps, les commandes dans les pays du Moyen-Orient se contractent. Pour conserver sa rentabilité, Thomson-CSF fait l'acquisition de plusieurs sociétés, dont Sextant Avionique et les activités militaires du groupe Philips (1989). En dix ans, la contribution des filiales étrangères aux résultats du groupe est multipliée par 5.

La privatisation (1998). L'Etat français cède une partie de ses actifs à Alcatel et Dassault Industries dans le cadre d'un partenariat. À cette occasion, les activités d'électronique de défense de Dassault et d'Alcatel sont rattachées Thomson-CSF.

Thomson-CSF devient Thales. Le développement du groupe à l'international a modifié en profondeur le domaine d'activités du groupe. En 2000, le groupe se réorganise en 3 pôles : défense, aéronautique et technologies de l'information. L'objectif visé est de valoriser l'aspect «dual» des compétences technologiques du groupe. Dans le domaine de la défense, Thales cherche aussi à s‘adapter au nouveau contexte stratégique en développant ses compétences en termes de guerre info-centrée et d'interopérabilité des forces.

2007 est une année charnière pour le groupe. Afin de s'imposer dans le secteur naval militaire européen, Thales cède à DCNS (ex-Direction de la Construction Navale) son secteur naval, et prend en contrepartie 25% de son capital. La même année, Alcatel-Lucent lui transfère ses activités transport, sécurité et espace (création de la société Thales Alenia Space).

En 2009, Dassault rachète les parts d'Alcatel-Lucent. Sa participation au capital de Thales monte alors à 25,90 %.

En 2011, Thales monte au capital de DCNS à hauteur de 35%.

En avril 2019, Thales a finalisé l'acquisition du fabricant de carte à puces Gemalto (pour 4,8Md€ après OPA) pour créer un géant européen de hautes technologies et leader en identité et sécurité numériques capable de lutter avec les plus grands acteurs mondiaux.

Structure/Organisation

Depuis le 1er avril 2013, le Groupe a mis en place une nouvelle organisation matricielle qui repose aujourd'hui sur : 

- Sept activités mondiales regroupées en trois secteurs : 

  • Aérospatial : avionique, espace
  • Transport : systèmes de transport terrestre
  • Défense et sécurité : systèmes d’information et de communication sécurisés, systèmes terrestres et aériens, systèmes de mission de défense (+ Naval Group) et séurité et identités numériques.

- Une organisation internationale divisée entre les grands pays d’implantation du Groupe : Allemagne, Australie & Nouvelle-Zélande, Canada, Etats-Unis, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, les autres pays d’Europe et les marchés émergents.

 

A titre d'illustrations, l'actionnariat du groupe Thales, ses principales filiales et des exemples d'accords de coopération.

Thales joue un rôle majeur sur le marché spatial grâce à Thales Alenia Space et Telespazio, deux joint ventures créées avec Finmeccanica

Focus intéressant pour l'AdT:

La société TDA ARMEMENTS SAS, filiale de Thales, est le fournisseur exclusif du ministère français des Armées pour les mortiers et les systèmes de roquettes. Elle équipe par ailleurs les forces armées de plusieurs pays alliés et de nations amies à travers le monde.

http://www.tda-armements.com/fr/content/site-de-production

Actionnariat
Principales filiales
Exemples de coopérations

Actualités

Pas une actualité à proprement parler, mais une description des relations que Thales entretient avec l'Etat français:

 

La particularité de THALES tient à un pacte d’actionnaires conclu avec Dassault et des conventions de protection des intérêts stratégiques et nationaux :

Le pacte d’actionnaires permet le contrôle de la société par les deux actionnaires agissant conjointement en leur donnant la majorité des votes au Conseil d’Administration (9 administrateurs sur 16) ; les 4 administrateurs sont désignés en concertation avec eux.

Le président directeur général est nommé sur proposition commune des deux actionnaires.

« Les parties s’engagent à soumettre à l’accord obligatoire de la majorité des administrateurs représentant Dassault Aviation les décisions du conseil d’administration de Thales relatives notamment à l’élection et à la révocation du Président-directeur général, à l’adoption du budget annuel et du plan stratégique pluriannuel et à des opérations d’acquisition ou cessions significatives (supérieures à 150 M€) de participations ou d’actifs ainsi qu’aux accords stratégiques d’alliance de coopération technologique et industrielle.

Cependant, Dassault Aviation s’est engagée expressément à renoncer à l’exercice du droit de veto dont il dispose au titre du pacte sur certaines opérations stratégiques de Thales ; cette renonciation porte sur une série d’opérations potentielles de cessions ou d’acquisitions ; en contrepartie, le Secteur Public a renoncé à son droit de mettre fin au pacte en cas de désaccord persistant sur une opération stratégique majeure susceptible de porter atteinte à ses intérêts stratégiques. »

Convention sur la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette convention concerne en particulier :

  • le maintien en France du siège social et de la direction effective de Dassault Aviation ;
  • les administrateurs de Thales proposés par Dassault Aviation devront être ressortissants de l’Union européenne ;
  • l’accès aux informations sensibles relatives à Thales sera strictement contrôlé au sein de Dassault Aviation
  • les responsables de Dassault Aviation chargés de sa participation dans Thales seront de nationalité française ;

Dassault Aviation fera ses meilleurs efforts pour éviter une intervention ou une influence dans la gouvernance et les activités de Thales d’intérêts - nationaux étrangers.

Convention spécifique concernant le transfert ou la vente d’actifs stratégiques

Action spécifique détenue par l’Etat impliquant une autorisation préalable du ministère des Finances en cas de franchissement de seuils dans le capital de certaines filiales et la nomination d’un représentant de l’Etat sans voix délibérative siégeant au Conseil dans ces filiales.

Dans son rapport d’avril 2013, les faiblesses de l’Etat actionnaire d’entreprises industrielles de défense , la Cour des Comptes formule le commentaire suivant, après avoir analysé l’évolution de la participation de l’Etat dans DASSAULT AVIATION et THALES au cours des trente dernières années :

« L’équilibre du contrôle actionnarial de THALES a donc progressivement évolué au détriment de l’État, et ne repose plus aujourd’hui que sur la détention d’une minorité de blocage au profit du secteur public en droits de vote, et l’impossibilité pour Dassault-Aviation de dépasser le secteur public en termes de participation au capital, et/ou de dépasser le niveau de 30 % en droits de vote, sans avoir à proposer une OPA sur l’ensemble de THALES.

Dans ce cadre, alors qu’Alcatel avait adopté un profil de partenaire dormant, Dassault-Aviation estime que « l’État […] doit composer avec les autres actionnaires et ne peut plus décider de tout, et ce tout seul ». La maîtrise de la gouvernance et de la stratégie industrielle de défense du groupe THALES échappent de ce fait largement au premier actionnaire que demeure l’État. »